La mort

 

Michel Méry a écrit en 2006 :

 

« J'aime me retrouver à Bénarès parce que cette ville est comme la vitrine du monde sur la grouillance et de la purulence de l'espace humain. Étrange, mais c'est cela qui attire. Tout y est, la crasse,  la maladie, la mort, la difformité, l'appât du gain (petit), la fausse "sainteté" de pseudo "moines" ou "saint-hommes" prêts à lécher vos godasses crasseuses pour récupérer quelques roupies, etc., -- le tout baignant dans un bouillon constrictif de religiosité pestilentielle. Tout ce que l'on cache ailleurs est là étalé en plein jour. J'avais entendu dire que l'on revient toujours à Bénarès. J'y suis donc revenu. » 

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En Inde, la mort en Inde fait partie intégrante de la vie. Elle n’y est pas une maladie honteuse, cachée et reléguée aux morgues d’hôpitaux comme chez nous. Elle est présente partout dans l’espace public et privé. Chaque Indien, même jeune et en bonne santé ne perd jamais de vue que ce cadavre à moitié brûlé sur ce bûcher refroidi parce que la famille n’a pas pu payer assez de bois pour achever le barbecue, c’est aussi lui-même. C’est aussi pour cela que malgré la misère et la maladie, il est plus facile d’être vieux en Inde qu’en Occident. Les vieux, les malades, les estropiés, les mourants et les morts ont droit eux aussi au devant de la scène.

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